Le manque de sommeil nous pousse à manger gras

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Plus la fatigue s’accumule, plus notre envie de junk food grandit. Mais pourquoi le manque de sommeil nous pousse-il à nous ruer sur le premier burger venu ? Des chercheurs en neurosciences des universités de Chicago (Etats-Unis) et de Bruxelles (Belgique) se sont posé la question, et y ont trouvé une réponse biologique. La privation de sommeil serait en effet associée à l’activation du système nerveux endocannabinoïde, qui joue un rôle clé dans les circuits de récompense impliquant les variations d’appétit et la prise alimentaire. Leur étude, publiée dans la revue Sleep , a comparé l’état du système endocannabinoïde chez 14 adultes en bonne santé. Ces personnes ont tout d’abord dormi quatre nuits normales de 8,5 heures, puis quatre nuits courtes de 4,5 heures. Au terme de ces deux périodes, les chercheurs ont mis à leur disposition plusieurs aliments. Résultat : quand ils étaient en manque de sommeil, les participants avaient du mal à résister à des collations attrayantes de type chips, gâteaux et bonbons, même si, deux heures auparavant, ils avaient consommé des repas comblant 90% de leur apport calorique journalier. Dans cette situation, non seulement les sujets avaient du mal à restreindre leur consommation de snacks, mais en plus, la nourriture choisie contenait jusqu’à deux fois plus de matière grasse que celle qu’ils préféraient lorsqu’ils avaient suffisamment dormi.

 

Plus de plaisir lors de la prise alimentaire

« Nous avons trouvé que la privation de sommeil booste un signal qui peut augmenter le caractère hédonique de la prise alimentaire, le plaisir et la satisfaction procurés par l’action de manger » explique le docteur Erin Hanlon, co-auteur de l’étude, dans un communiqué de l’American Association for the Advancement of Science ( AAAS ). « Le manque de sommeil semble stimuler le système endocannabinoïde, celui qui est par exemple ciblé par la substance active de la marijuana, pour augmenter le désir de prise alimentaire » précise-t-elle. Quand les nuits sont suffisamment longues, le signal endocannabinoïde est faible pendant la nuit, augmente le matin jusqu’à un pic en milieu de journée et diminue dans l’après-midi. A l’inverse, quand les nuits sont trop courtes, le signal reste élevé jusqu’en fin d’après-midi jusqu’à 33% de plus que le niveau normal sans privation de sommeil .

Manque de sommeil et obésité

Ces niveaux élevés seraient responsables d’une plus grande envie de nourriture, et notamment d’une nourriture grasse car la fatigue pourrait altérer notre volonté. « Si vous avez un Snickers , et que vous avez suffisamment dormi, vous pouvez contrôler votre envie naturelle. Mais si vous êtes privé de sommeil, votre attrait hédoniste pour cet aliment devient plus fort, et votre capacité à lui résister peut être diminuée. Vous avez alors plus de chance de le manger. Répétez cela, et vous prenez du poids« , détaille Erin Hanlon. Ainsi, ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi le manque de sommeil est souvent associé au risque d’obésité , en favorisant les prises alimentaires supplémentaires dans l’après-midi et en début de soirée.

 

source: TopSanté

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