Le thé et le sport

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Tout d’abord, le thé, c’est quoi ? Pour faire simple, les feuilles d’une plante (le théier évidemment), séchées et plus ou moins oxydées, que l’on fait infuser dans de l’eau chaude.

Selon le type exact de la plante, les feuilles cueillies, le mode de préparation de ces feuilles puis la température et la durée de l’infusion, on peut obtenir des boissons très différentes dans leur composition, leur parfum, leurs propriétés.

Au final, dans votre tasse, il y a surtout de l’eau chaude, ce qui a déjà un bon nombre d’implications en termes de santé.

Si cette eau est trop chaude, gare aux irritations chroniques de la bouche, de l’œsophage et de l’estomac. La brûlure chronique est cancérigène, et ce mécanisme tout simple semble contribuer au développement d’un grand nombre de cancers de l’estomac dans certaines régions du Japon.

Un peu moins brûlante, l’eau chaude est évidemment bénéfique en ce qui concerne l’hydratation, logique ! Déjà un bon point. La chaleur locale aide à lutter contre les infections notamment virales qui menacent la sphère ORL, encore une bonne chose.

On parle beaucoup de détoxification, avec le mythe de notre corps envahi par des toxines menaçantes qu’il faut absolument éliminer. Et bien oui, le thé fait pisser, exit les toxines. Sans se moquer, en plus de l’eau qui naturellement a un effet drainant, le thé a un réel effet stimulant sur la fonction des reins, grands épurateurs de l’organisme, et aussi sur celle du foie qui participe à l’élimination des substances indésirables consommées ou produites par ailleurs.

Bien sur dans le thé on trouve par des analyses fines des quantités de substances, entre autres des vitamines, sels minéraux, sucres, protéines, fluor… Mais tout cela en quantités si petites diluées dans tant de liquide qu’elles n’ont pas toutes un effet notable. L’apport de fluor semble toutefois non négligeable. A noter que le thé (sans détailler le mécanisme) entre en compétition avec l’absorption du fer, il ne faudrait donc pas en abuser pour les personnes carencées en fer, à moins d’augmenter les apports de fer par ailleurs.

Parlons maintenant des substances ayant un effet notable sur la santé.

La CAFEINE : en moyenne il y en a au moins deux fois moins dans le thé que dans un café « moyen ». On va donc retrouver les effets stimulants du café (cf. l’article à ce sujet ), mais moindres à volume de boisson égale. De plus cet effet est atténué par la présence de tanins qui ralentissent et prolongent l’action de la caféine. A noter que plus on laisse le thé infuser longtemps, plus les tanins se libèrent et plus ils vont tamponner l’effet stimulant. Un thé très infusé sera donc paradoxalement moins « fort » dans son action stimulante.

En plus, l’effet excitant de la caféine est partiellement compensé par l’effet anti stress de la THEANINE qui agit sur le cerveau. Cela permet de dire que le thé peut stimuler sans énerver.

Une autre crainte des temps modernes, qui n’est pas infondée mais peut être un peu trop valorisée : après avoir redouté l’invasion des toxines, nous voilà angoissés par la perspective de l’oxydation qui nous guetterait comme de vulgaires machines métalliques. Médicalement ce n’est pas totalement faux, même si la publicité joue un peu abusivement sur ce concept. Il est vrai que le processus de vieillissement des cellules de l’organisme comprend l’oxydation produisant les fameux « radicaux libres » (rien à voir avec la politique !). L’oxydation intervient notamment dans les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives. Sans plus développer, l’un des grands intérêts du thé est de contenir un certain nombre de substances ayant des PROPRIETES ANTIOXYDANTES, en premier lieu les POLYPHENOLS autre nom des fameux tanins dont on a parlé plus haut. Cela permet d’attribuer au thé des propriétés préventives en ce qui concerne les maladies cardiaques, neurologiques, et même les cancers. N’exagérons rien, ce n’est tout de même pas un médicament miracle, mais certainement une boisson saine, et bien plus favorable à la santé que les sodas, la bière, le vin (dont on vante pourtant les polyphénols, mais qui contient d’autres substances nettement plus toxiques)

Enfin QUEL THE BOIRE ? Il est bien difficile de s’y retrouver tant le nombre des variétés a explosé.

Je me limiterai à dire QUELQUES MOTS SUR LE THE VERT ET LE THE NOIR, LES DEUX PLUS REPANDUS. Ils proviennent de la même plante, seule la préparation est différente. Le thé vert est peu ou pas oxydé, alors que le noir est en principe totalement oxydé. Le premier a donc conservé des vertus antioxydantes supérieures au second. Le thé noir est un peu plus riche en caféine que le vert.

Les thés glacés vendus au rayon soda ont l’inconvénient de constituer un apport de sucre dont il faut tenir compte dans la ration quotidienne, mais qui peut aussi être un avantage pendant ou après l’effort.

Et tous les autres thés ? Question de goût, de standing, et de culture ! Je me permets de penser que dans certains thés, l’apport excessif de parfum (caramel, bergamote…) ne sert qu’à masquer la basse qualité de la plante.

En conclusion, pas d’objection à la consommation du thé chez le sportif, mais tout est question de tolérance individuelle. Sans être un produit magique, il est globalement intéressant pour la santé et ne présente pas grand risque, … et puis quand il fait froid, partir rouler ou courir avec un bidon chaud de thé et de miel ça peut être tout à fait sympa pour réchauffer les corps pendant la première heure.

Dr. J-Jacques Menuet, médecin du sport, nutritionniste du sport

 

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